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Psychologues K-M

HESNARD

(Angelo Louis Marie), psychiatre français (Pontivy, Morbihan, 1886 - Rochefort-sur-Mer, 1969). Il est le premier qui fit connaître en France la doctrine freudienne et la méthode psychanalytique (la Psycho-analyse des névroses et des psychoses, en collaboration avec le professeur Regis, 1914). Ses nombreux ouvrages (l'Univers morbide de la faute, Morale sans péché, la Psychanalyse du lien interhumain, les Phobies et les névroses phobiques, etc.) constituent une oeuvre de « psychanalyse ouverte » où  les idées de Freud sont révisées et enrichies par les données récentes de la biologie, de la linguistique, de la phénoménologie et de la sociologie. Ce pionnier de la psychiatrie est l'un des principaux animateurs du mouvement psychanalytique français.

HORNEY

(Karen), psychanalyste américaine (Hambourg, Allemagne, 1885 -New York, E-U., 1952). Docteur en médecine de l'université de Berlin, elle émigre aux Etats-Unis, où elle organise l'Institut américain de psychanalyse à New York (1934). Influencée par les théories d'A. Adler et de la Gestaltpsychologie, elle s'écarte de la doctrine freudienne par l'importance qu'elle accorde au déterminisme culturel; négligeant plus ou moins l'exploration minutieuse du passé, elle insiste sur les difficultés actuelles, responsables, selon elle, de l'apparition  des  tendances  névrotiques dont elle s'attache à découvrir les fonctions. Elle ne cherche pas à expliquer les troubles de la personnalité présente par un conditionnement enfantin, mais à comprendre les difficultés névrotiques par la structure caractérielle du sujet. Quelques-unes de ses oeuvres ont été traduites en français : les Voies nouvelles de la psychanalyse, la Personnalité névrotique de notre temps, Nos conflits intérieurs et l'Auto-analyse.

JANET

(Pierre), psychologue français (Paris 1859 - id. 1947). Ancien élève de l'Ecole normale supérieure, agrégé de  philosophie,  docteur  ès  lettres (1889) et docteur en médecine (1893), Pierre Janet dirigea le laboratoire de psychologie à la Salpêtrière et professa à la Sorbonne et au Collège de France (1895), en remplacement de Théodule Ribot. On retrouve chez lui certaines des idées de ce dernier (la  psychologie  doit se  limiter  à l'observation et à l'expérimentation), qu'il développe selon sa propre originalité. Son oeuvre gravite autour de la notion de tension psychologique. On lui doit de nombreux ouvrages importants  l'Automatisme psychologique (1889), De l'angoisse à l'extase (1927-1928), Traité de psychologie (avec G. Dumas), etc.

JASPERS

(KarI), philosophe et psychiatre allemand (Oldenburg 1883 -Bâle 1969). Appliquant sa réflexion au drame humain et à ses pôles principaux   la communication, la souffrance, la culpabilité, la mort, il est un des principaux philosophes existentialistes de notre époque. Selon lui, les relations humaines doivent être conçues comme les formes d'un « combat amoureux » qui oscille sans cesse de l'amour à la haine. On lui doit une Psychopathologie générale (1913), qui envisage le malade « dans la totalité vivante de sa personnalité »,  une Introduction à la philosophie (traduction française, 1951) et de nombreux ouvrages écrits en allemand.

JONES

(Ernest), médecin  anglais (Rhosfelyn,  auj.  Gowerton  1879 — Londres 1958). Après ses études de médecine à l'université de Londres (1901),  il  fit  la  connaissance  de S. Freud, dont il admirait l'œuvre. Nommé professeur à l'université de Toronto, il introduisit la psychanalyse au Canada et aux Etats-Unis. Pendant vingt-deux ans, il fut le président l’Association internationale de psychanalyse. Son œuvre comprend des études cliniques et théoriques (Traité  théorique  et  pratique  de psychanalyse) et des essais de psychanalyse appliquée à la religion (la Psychologie de la religion), à l'art, aux lettres (études sur Hamlet), etc. Il a publié plusieurs études sur Freud, notamment la Vie et l’œuvre de S. Freud (P. U. F., 1958).

JUNG

(Carl  Gustav),  psychologue et psychiatre suisse (Kesswil, Thurgovie, 1875 – Küsnacht, près de Zurich, 1961). Il fit ses études de médecine à l’université de Bâle. A Zurich, il fut l’assistant  d’Eugène Bleuler, puis médecin-chef de la clinique psychiatrique de l’université.  Rapidement converti aux théories psychanalytiques de Sigmund Freud, dont il devint, vers 1907, le disciple et l’ami, ce fils de pasteur, rebuté par l’aspect matérialiste des idées freudiennes, se sépara de son maître, après une collaboration de cinq ans, pour fonder une nouvelle « école de  psychologie analytique ». Jusqu’en 1946 il occupa la chaire de psychologie médicale, à Bâle, puis fonda à Zurich, en 1948, l’Institut Jung, qu’il dirigea jusqu’à sa mort.
Du fond des âges, à travers les mythes, les religions, l’alchimie... Carl Jung. (CI. Camera Press.Holmès.)
Dans de nombreux ouvrages, il développa ses idées, dont la plus importante paraît être celle de l’inconscient collectif, fondement de l’imagination, commun à tous les peuples à travers les âges, qui se manifeste dans les religions, les mythes et les doctrines ésotériques telles que  l’alchimie.  Pour vérifier cette conception fondamentale, Jung entreprit  une  vaste  enquête.  Il voyagea au Nouveau-Mexique, aux Etats-Unis, au Kenya, en Afrique du Nord, en Orient et en Europe; il étudia  les  religions  primitives  et orientales, l’alchimie, et médita sur les œuvres d’écrivains et d’artistes tels que  J. Joyce  et  Picasso.  Cette immense recherche confirma l’auteur dans sa croyance en l’existence d’un fonds commun universel, producteur d’ « archétypes », images et symboles indépendants du temps et de l’espace. Parmi ses ouvrages traduits en français, on pourra lire l’Homme à la découverte de son âme, Types psychologiques,  Problèmes  de  l’âme moderne. (V. symbole.)

KERSCHENSTEINER

(Georg), pédagogue allemand (1854 - 1932). Après avoir été successivement maître d'école, professeur de mathématiques et de sciences naturelles, et conseiller scolaire à Munich, il devient professeur honoraire de l'université de cette ville, où il fait des cours sur l'éducation. Son souci est d'utiliser les intérêts pratiques des élèves pour les instruire et de lier étroitement l'enseignement théorique aux exercices concrets. Ses principales oeuvres pédagogiques sont  Die Entwickelung der zelchnerischen Begabung (« Développement de l'aptitude au dessin ») [1905],  Begriff  der  Arbeitsschule (10e éd., 1953) et Theorie der Bildung (« Théorie de la formation ») [1926]. (V. Intérêt.)

KRETSCHMER

(Ernst), psychiatre allemand (Wüstenrot, près d'Heilbronn [Wurtemberg] 1888 - Tübingen [AIlemagne  occidentale]  1964).  Après avoir étudié la médecine successivement à Tübingen, Munich et Hambourg, il occupe les fonctions de médecin assistant, puis principal de la clinique neurologique de l'université de Tübingen (1913-1926). Nommé professeur de neurologie de l'université de Marburg-sur-Lahn, il occupe cette chaire pendant vingt ans, jusqu'en 1946, date à laquelle il retourne diriger la clinique de Tübingen son œuvre écrite est très importante. On lui doit surtout la Structure du corps et le caractère  (20e  édition),  important ouvrage dans lequel il expose ses conceptions biotypologiques fondées sur l'observation des cas pathologiques; Psychologie médicale, Etudes Psychothérapeutiques et Paranoïa et sensibilité.  L'école  de  Kretschmer poursuit des recherches de psychologie expérimentale dans les domaines de la constitution et des aptitudes. (V. biotypologie.)

LAGACHE

(Daniel), psychologue et psychiatre français (Paris 1903 - id. 1972). Agrégé de philosophie (1928) et docteur en médecine (1934), il est nommé chef de clinique à la faculté de médecine de Paris (1935), puis professeur de psychologie, successivement, à la faculté des lettres de Strasbourg (1937) et à la Sorbonne (1947). Pour ce praticien de la psychanalyse, la psychologie ne peut être que « clinique », et son objet, l'étude des conduites  individuelles  envisagées dans une conjoncture socio-affective et culturelle déterminée. D. Lagache a été l'introducteur à la Sorbonne de la psychanalyse, qu'il enseigne en lui donnant une spécificité personnologique légitime et remarquable. Ses principaux ouvrages sont  la Jalousie amoureuse et l'Unité de la psychologie. (V. clinique [psychologie].)

LAVATER

(Johann  Kaspar),  philosophe Suisse (Zürich 1741-id. 1801). Il rénova la physiognomonie (étude du caractère d'après les traits du visage), dont les Anciens avaient jeté les fondements, et s'intéressa à la graphologie. Il n'étudiait pas seulement  l'organisation  morphologique de la tête, mais essayait de déchiffrer le caractère à travers l'expression du visage et de l'ensemble du corps. Cependant, ses Essais physiognomoniques (1772) et ses Eléments de physiognomonie pour favoriser la connaissance et l'amour des hommes, qui connurent un très grand succès, n'avaient pas de caractère vraiment scientifique.  (V.  physiognomonie.)

LEVI-STRAUSS

(Claude), sociologue et  ethnologue  français  (Bruxelles 1908).  Professeur  au  Collège  de France (1959), il occupe la première chaire d'anthropologie sociale. Après avoir effectué plusieurs missions en Asie et en Amérique du Sud, il a publié d'importants ouvrages sur les Structures élémentaires de la parenté (1949),  l'Anthropologie  structurale (1958) et la Pensée sauvage (1962), qui étudie les manifestations spontanées de la pensée humaine. On lui doit, en outre, Tristes Tropiques (1955) et de nombreux autres travaux.

LEWIN

(Kurt), psychologue américain, d'origine allemande (Mogilno, Prusse, 1890 - Newtonville, Massachusetts, Etats-Unis, 1947). Docteur en philosophie (1914), puis professeur de psychologie à l'université de Berlin (1926), il émigra aux Etats-Unis à l'avènement du nazisme. Il y fut, de 1932 à 1945, professeur aux universités Standford, Cornell, de l'lowa et Harvard. Influencé par le climat de recherches américain, il délaissa les sujets classiques de la psychologie (volonté, association, perception) pour étudier, d'un point de vue dynamique, certains problèmes particuliers du comportement humain : frustration et  régression  (1937-1941),  niveau d'aspiration  (1936-1944), apprentissage (1942). Sa théorie, fondée sur la notion de « champ psychologique », (c'est-à-dire sur l'ensemble des tensions produites par l'interaction des forces individuelles et sociales), le conduisit à étudier expérimentalement les petits groupes et leur dynamique interne. (V. champ psychologique, leader.)

LOCKE

(John),  philosophe anglais (Wrington,   Somersetshire, 1632 -Oates, Essex, 1704). Originaire d'une famille bourgeoise strictement puritaine, il fait ses études de médecine à Oxford, puis à Montpellier, et s'attache à la maison du comte de Shaftesbury, qu'il suit dans son exil, en Hollande (1683-1689). De retour en Angleterre après la révolution de 1688, il publie plusieurs ouvrages philosophiques et un traité sur l'éducation (Quelques Pensées sur l'éducation, 1693), dans lequel il condamne le système traditionnel, fondé sur le verbiage et l'étude des mots sans les objets. Si l'on veut bien raisonner, il est nécessaire de se débarrasser de tous les préjugés et, pour cela, de faire ses propres expériences, voir, lire et critiquer. Rien ne vaut la connaissance directe  (Si nous n'avons pas vu de nos propres yeux, nous sommes aussi ignorants qu'auparavant », dit-il. Locke est un précurseur de l'école active, dont les idées généreuses n'ont pas encore réussi à se généraliser.

LOEB

(Jacques), psychologue et physiologiste américain (Mayen, Rhénanie, 1859-Hamilton, Bermudes, 1924). Il  étudia, à  partir de  1890,  les comportements d'orientation des animaux sous l'influence d'une source d'excitation  externe  (lumière,  chaleur…), qu'il assimila aux tropismes des  plantes.  Il  étudia  également la sensibilité différentielle et la mémoire associative. Parmi ses nombreux ouvrages citons : Physiologie comparée du cerveau et psychologie comparée, Conception mécanique de la vie, l'Organisme étudié comme un tout. (V. tropisme.)

MAKARENKO

(Antan Semionovitch), pédagogue russe (Bielopolie, Ukraine, 1888 - Moscou 1939). D'abord professeur d'histoire, il se consacre, après a révolution, à la rééducation des adolescents inadaptés. Il organise, en 1920, la « Colonie Maxime-Gorki », puis, en 1931, la « Commune F.-Dzerjinski ». Dans ces  collectivités,  les mineurs, réunis par sections, en vue de réaliser un travail commun, sous la conduite d'un éducateur, se socialisent et, surtout, acquièrent le sens d'une « discipline consciente ». On lira le récit romancé de ses expériences dans ses ouvrages (traduits en français) :  Poème pédagogique et les Drapeaux sur les tours.

MAUSS

(Marcel), sociologue et ethnologue  français  (Epinal  1872 - Paris 1950). Professeur à l'Ecole des hautes études, puis au Collège de France, il forma l'école ethnologique française. Mais son influence s'étendit à tout le domaine des sciences humaines : psychologie, linguistique, histoire des religions, etc. On trouvera un mélange de ses études (sur le don, la magie, la mort) dans l'ouvrage intitulé Sociologie et anthropologie.

MEAD

(Margaret), psychosociologue américaine (1901 - 1978). Elle a étudié les sociétés primitives (des Manus [îles de l'Amirauté], des Samoans, des Balinais...) et contribué à l'essor de l'anthropologie culturelle en y introduisant des concepts modernes empruntés à la psychologie de la personnalité (psychanalyse, mécanismes de l'apprentissage). Elle a montré, notamment, que l'apprentissage social n'a d'effet que par le contexte culturel dans lequel il s'effectue; que certaines  « crises »  psychologiques (celle de l'adolescence, par ex.) sont étroitement liées au statut social et qu'elles n'existent pas dans certaines cultures primitives. De ses nombreux ouvrages citons :  Coming of Age in Samoa, Growing up in New Guinea, Male and Female (« L'un et l'autre sexe », Paris, 1966), Recherches sur les enfants primitifs (in Carmichael, Manuel de psychologie de l'enfant.)

MERLEAU-PONTY

(Maurice),  philosophe français (Rochefort 1908 - Paris 1961). Ancien élève de l'Ecole normale supérieure, agrégé de philosophie, il est nommé professeur à l'université  de  Lyon  (1945)  après  la soutenance de sa thèse (la Structure du comportement et la Phénoménologie de la perception). En 1949, il est professeur de psychologie à la Sorbonne, puis, en 1952, professeur au Collège de France. Avec Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre, il animait l'école existentialiste de Paris. Sa pensée, qui a mis en évidence la Gestalttheorie  et  continué,  en  la perfectionnant,  la  philosophie  de Husserl (phénoménologie), est constamment tournée vers le concret et vers  l'action  (philosophie  de  la conscience engagée dans le monde et dans le corps propre). Il a encore écrit un Essai sur le problème communiste, Humanisme et terreur, les Aventures de la dialectique, Signes.

MONTESSORI

(Maria), psychiatre et pédagogue  italienne  (Chiaravalle, près d'Ancône, province des Marches, 1870 - Noardwisk,   Hollande,  1952). Après  son  doctorat  en  médecine (1896), elle fréquenta les universités de Londres et de Paris, suivit des cours de philosophie et de psychologie expérimentale, et donna des cours libres d'anthropologie pédagogique à l'université de Rome et dans le  Centre  d'études  pédagogiques qu'elle avait créé à Pérouse. S'inspirant des travaux de Seguin et de Fröbel, elle créa une méthode d'éducation fondée, essentiellement, sur le développement des sensations de l'enfant (différenciation de plus en plus fine des perceptions visuelles, tactiles, auditives...). Elle utilise un abondant matériel,  plaisant  et  fait  à  son échelle, qui sert aux activités libres, individuelles, grâce auxquelles l'enfant fortifie son « moi » naissant. On pourrait lui reprocher cependant un excès de méthodisme dans l'emploi de ce matériel. Les principes de la méthode Montessori ont été développés dans de nombreux ouvrages, dont les principaux sont : Pédagogie scientifique, l'Enfant, De l'enfant à l'adolescent. (V. active [école].)

Apprentissage du calcul par la méthode Montessori. (Cl. Fournier-Schlegel.)

MORENO

(Jacob Levi), psychologue américain (Bucarest, Roumanie, 1889 -Beocon, New York, 1974). Psychiatre à Vienne (Autriche), épris de théâtre, il fonde un théâtre de la spontanéité (Oas Stegreiftheater) où chaque acteur doit improviser son rôle. Emigré aux Etats-Unis (1926), il donne une grande extension au mouvement psychodramatique, recherche les interactions  sociales  à  l'intérieur  des groupes (à la prison de Sing-Sing, il étudie les sympathies et les antipathies, qu'il représente par un diagramme, appelé « sociogramme ») et fonde la sociométrie. Ses techniques sont utilisées surtout en psychologie industrielle (relations entre ouvriers, rapports avec les cadres, etc.)  et  en  psychologie  militaire (constitution des équipages de sous-marins, d'avions). Son ouvrage principal  Who  ShalI  Survive  a  été traduit en français sous le titre de « Fondements de la sociométrie » (1954).  [V. psychodrame,  sociométrie.]

MURRAY

(Henry Alexander), psychologue américain (New York 1893). Après des études d'histoire à Harvard (1915), il fait des études de physiologie et obtient un doctorat de biochimie (1927). Puis, intéressé par la psychologie médicale, il fait un séjour à Zurich, où il participe aux travaux de Jung. De retour aux Etats-Unis, il est appelé à diriger la clinique psychologique de l'université Harvard. Il oriente ses recherches vers l'exploration de la personnalité, met au point  le  « thematic  apperception test » et fonde l'Institut de psychanalyse de Boston. Il existe une traduction française de son Exploration de  la  personnalité.  (V.  thematic apperception test.)


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